Mes Francofolies 2013

Dimanche 14 juillet 2013, jour de fête nationale. Je reviens brièvement au pays le temps d’un week-end (vous l’aurez compris, je suis une rochelaise expatriée en Poitou..) pour profiter du soleil, de la famille, mais surtout, sur la Grande Scène de l’Esplanade Saint-Jean d’Acre, pour la soirée des Francofolies qui accueille Lilly Wood & The Prick, la Fête à Benjamin Biolay, Saez et Skip The Use.

Les Francos, c’est un festival unique et incontournable. Pour toute rochelaise ou rochelais, c’est même devenu une institution, une parenthèse enchantée au beau milieu des longues vacances d’été. Pour chacun au demeurant, les Francofolies de La Rochelle, c’est un festival authentique et audacieux dans sa programmation, surprenant, déconcertant aussi, quelques fois.

Très personnellement, ce festival m’a souvent permis de faire de belles découvertes, ou d’approfondir ma connaissance du répertoire de certains artistes, que je ne connaissais que de manière très succincte. J’assiste d’ailleurs à cette soirée de concerts avec d’autant plus de plaisir que cela fait deux années que je n’étais pas revenue aux Francos. Les retrouvailles n’ont été que plus agréables.

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Lilly Wood & The Prick : Nili Hadida et le guitariste Benjamin Cotto

Lilly Wood & The Prick ouvre la soirée à 19h pile. Ce duo dégage une énergie impressionnante, et c’est sans difficulté que le groupe attise le feu qui régnera toute la soirée à Saint Jean d’Acre. Et pour l’occasion, Nili Hadida, la voix féminine, s’est parée de son plus beau tee-shirt tricolore, Fête Nationale oblige ! Le groupe est d’une générosité sans limites, je suis plus que conquise par ce début de soirée.

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Benjamin Biolay sur la scène Saint Jean d’Acre – Francofolies de La Rochelle

Puis la Fête à Benjamin Biolay démarre et prend la relève de cette soirée électrique. Les lignes qui vont suivre vont être dithyrambiques, car je suis notamment là pour lui, Benjamin Biolay. Oui, je suis une fan de longue date, une inconditionnelle. Mais c’est la première fois que je le vois en festival, ayant jusqu’à présent assisté à des concerts d’ambiances plus intimistes (notamment le Confort Moderne de Poitiers en 2010 sur la tournée de La Superbe).

Dans le public de ce soir, assez jeune à en juger à vue de nez, je ne suis pas entourée que d’amateurs de Biolay. Je me retrouve en milieu de fosse à devoir cohabiter avec des spectateurs qui jouent aux cartes assis par terre, et rient de mon enthousiasme quand démarre le premier titre. Sympa pour l’artiste, belle preuve de respect. Je suis un peu énervée car j’aurai adoré être plus près de la scène et l’espace est occupé par des gens qui n’en ont rien à faire. C’est le revers des soirées multi-artistes, il y en a pour tous les gouts…

Je me calme et passe quand même un bon moment, car Benjamin Biolay est égal à lui-même, généreux et tendre, passionné et énergique. Ses invités sont évidement tops, et les reprises de duos sont superbes.

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Benjamin Biolay et Orelsan sur scène pour Ne regrette rien

Jeanne Cherhal, Carl Barat et Orelsan le rejoignent sur scène pour interpréter respectivement Brandt Rhapsodie, Vengeance et Ne Regrette Rien : le show gagne en intensité à mesure que les titres se succèdent. Ce fut une belle première fois aux Francos pour Benjamin Biolay qui n’avait jamais chanté au festivalLe concert se termine, bien trop tôt à mon goût. Je me rattraperai en fin d’année : Benjamin Biolay sera à l’Olympia le 9 novembre 2013, sous réserve de confirmation que le concert soit maintenu. Une soirée qui s’annoncera exceptionnelle, sans nul doute…

***

On annonce Saez ensuite. Là, mes jeunes voisins de fosse se réveillent et lâchent leurs cartes. Ok, je comprends pour qui ils sont venus. Moi je vais prendre un rafraichissement, car ce n’est pas ma tasse de thé.

Damien Saez me rappelle mes années de lycéenne ; quand pas mal de mes camarades étaient fans inconditionnels, moi j’écoutais les vieux vinyles rock et folk de mes parents. Le braillage contestataire en carton ne m’a jamais emballé, car je pense que si on veut dénoncer, on peut le faire avec subtilité.

J’écoute quand même de loin, mon jus de fruits à la main. Saez est complètement transparent, pas besoin de décodeur pour réaliser que successivement, il transpire de ses figures d’inspiration : Brel, Noir Désir, Mano Solo, Leo Ferré. Inspiration, ou finalement imitation, car le discours est inaudible.

Le feu d’artifice du 14 juillet va bientôt commencer, et Saez se répand soudain dans un monologue interminable, dont je ne comprends que la moitié. Visiblement, il est fâché contre tout. Dommage d’être aussi énervé (ou énervant?) en ce jour de rassemblement de Fête Nationale.

Le feu d’artifice arrive enfin, chouette comme un feu d’artifice de 14 juillet. L’atmosphère chagrineuse se dissipe enfin, et c’est tant mieux.

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Mat Bastard, chanteur de Skip The Use

La soirée se termine en beauté avec Skip The Use. L’esplanade s’enflamme, la foule danse et chante, car Mat Bastard, chanteur du groupe, est un showman qui n’a plus rien à prouver à personne : le physique affuté d’Usain Bolt et le jeu de scène d’un Freddie Mercury. On est dans du rock pur, dur, essentiel, je suis complètement fan. Et les reprises des classiques du genre (Motorhead, Rage Against The Machine,..) alimentent la chaudière.

C’est sur une ambiance chaude et bouillante que se termine ce concert du 14 juillet sur la Grande Scène des Francos. Je n’aurai pas l’occasion d’assister aux concerts des 15 et 16 juillet (Rover qui sera sur scène le 15 était initialement programmé le 14 quand j’avais acheté mon billet…), mais c’est une belle édition qui a été offerte au public cette année.

Les Francofolies m’auront offert ma cure de jouvence de l’été, car c’est rituel : j’ai à nouveau 20 ans à chaque fois que je suis dans la fosse des concerts du festival. Pourvu que ça dure…

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