Vacances à Istanbul : un hammam traditionnel à Kumkapi

J’ai profité de ma dernière journée dans le vieil Istanbul pour tester une adresse qui m’avait été préconisée par une stambouliote d’adoption, rencontrée durant ce séjour (je vous en parlerai assez vite, puisqu’elle tient un excellent restaurant du côté du Grand Bazar).

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Un tour au hammam…

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Il s’agit d’un hammam pour femmes, non-mixte. Je souhaitais en effet “essayer” le hammam “authentique” avant de quitter la Turquie, car je n’en avais jamais eu l’occasion. Il y a de multiples établissements de bains turcs du côté de mon hôtel et à proximité, mais ceux-là ne jouissent pas d’une très bonne réputation, car exclusivement fréquentés par les touristes étrangers, et le service rendu n’est pas du tout à la hauteur.

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Je voulais surtout me retrouver dans un environnement exclusivement féminin, et non pas un hammam mixte pour clientèle internationale où je pouvais être gommée et massée par un homme, ce qu’une stambouliote refuserai tout naturellement, alors pourquoi moi ?

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Je me suis donc très largement écarté de Sultanahmet, le quartier où je loge ; le hammam est à une bonne vingtaine de minutes à pied, dans un quartier très animé mais en marge des boulevards touristiques : Kumkapi, pas très loin du Grand Bazar, côté Mer de Marmara.

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L’établissement ne paye pas de mine à première vue, la façade jaune est un peu vieillissante, les murs sont fatigués. Mais peu importe, je considère souvent que l’emballage ne fait pas le cadeau. Je descends les quelques marches assez hautes, et entre dans l’établissement, qui s’ouvre sur une vaste salle au plafond très haut, où se trouvent cabines individuelles sur les côtés, et banquettes et fauteuils au milieu. L’ambiance est familiale, je suis accueillie par une dame qui maitrise bien l’allemand, et une femme plus jeune (peut-être sa fille ?) qui elle s’exprime un peu en anglais.

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C’est la dame germanophone qui va s’occuper de moi. Elle m’invite à laisser tous mes vêtements en cabine, à passer une serviette et à me rendre en sudation.

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Derrière une petite porte sans charme, je découvre en fait une salle des bains en marbre très vaste, avec de nombreuses fontaines. Il fait déjà lourd, l’air est moite, je me mouille complètement et la sudation démarre. Le lieu est très calme et je suis seule, j’en profite pour rêvasser et méditer un peu.
En revanche, aucune odeur ni d’eucalyptus, de pin ou autre, l’air est neutre. Et pour mon bonheur, il ne fait pas trop chaud, je ne suis pas incommodée comme j’ai pu l’être lors de mes séances de hammam en France. L’établissement est vraiment kitch (je trouve que ça lui donne beaucoup de charme !), mais très propre.

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Après une vingtaine de minutes de transpiration tranquille, mon hôtesse arrive. Je comprends finalement l’idée du rituel féminin ancien qui s’articule autour du hammam, puisque la dame qui va me gommer et me masser, tout comme moi, est complètement nue.

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Je suis gommée de la racine des cheveux à l’extrémité des orteils avec la kaça (gant de crin pour gommage) : c’est plutôt agréable, car vigoureux sans être brutal. Et beaucoup plus efficace que le gommage domestique que je me fait à la maison : j’ai l’impression d’avoir une peau neuve tant j’ai de cochonneries qui se décollent.

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Puis vient un deuxième gommage, au savon et à l’éponge gommante cette fois ci, puis un massage complet à la mousse, et un massage crânien avec shampouinage. Le hammam s’est alors rempli de femmes, qui, nues elles-aussi, bavardent et se gomment entre elles.

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Après m’être rincée à l’eau fraiche, je retourne me sécher en cabine. Je suis très contente, vidée, détendue, vraiment zen. J’ai passé un chouette moment. A l’instant où je sors de ma cabine pour aller régler la note, le salon de l’entrée est occupé de femmes que je suppose du quartier, qui, nues, papotent, fument et boivent du thé. Image typique d’une institution culturelle et rituelle, le hammam. On comprend aisément que les lieux soient interdits aux hommes.

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Un rituel ancien…

Le hammam puise ses origines dans les thermes romains, et a été adapté aux préceptes de l’islam qui préconise une hygiène méticuleuse et des ablutions avant les prières rituelles. Mais au delà de sa nécessité purement hygiéniste, le hammam a un rôle social important dans les communautés qui l’utilisent encore. Il semblerait que le nombre de hamacs publics diminue, impacté par l’équipement des foyers en hammam privatif. Il reste encore un bon nombre de bains turcs à Istanbul, du moins suffisamment pour satisfaire tout le monde, de la dame du quartier à la touriste de passage.

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Vous l’aurez donc compris, expérience très sympa, que je n’aurai pas l’occasion de réitérer sur place, mais qui va me réconcilier avec le concept après certaines expériences décevantes en France.

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Cout de l’opération pour terminer : 40 LT (livres turques) pour la totale hammam/gommage kaça/gommage savon/massage/shampouinage, soit la modique somme de … 16 €. A titre d’exemple, l’accès au hammam seul est facturé en France entre 18 et 20€. Ma masseuse-shampouineuse m’ayant fait comprendre à de nombreuses reprises que le pourboire ne lui serait pas de refus, je lui laisse un petit billet de 5 LT.

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Infos pratiques :
Türkeli Caddesi N°45
Kumkapi / ISTANBUL
Téléphone : 0 212 638 59 69

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1 Commentaire

  1. 12 juillet 2013 / 20:33

    Je viens de découvrir ton blog grâce au 7 à Poitiers! Eh oui comme toi je suis de Poitiers ( 🙂 ) et je tiens aussi un blog (n’hésite pas à aller y faire un tour!). En tout cas j’ai adoré ton article sur Istanbul, ça donne envie d’y aller! A bientôt j’espère