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S’éloigner de la grande ville

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EDIT juillet 2021 : comme je l’expliquais en fin d’article, rien n’est gravé dans le marbre … puisque je suis redevenue bordelaise à mi-temps. Mon activité professionnelle ne me permet finalement pas de travailler correctement depuis ma résidence, mais j’y reviens avec plaisir chaque week-end 🙂

Il y a un an tout pile, j’étais à mille lieues d’imaginer que douze mois plus tard, je m’apprêterais à faire mes cartons pour quitter la grande ville. Je suis arrivée à Bordeaux il y a 6 ans. Dans quelques semaines, je rendrai les clefs de mon appartement dans le centre-ville de la 9ème ville de France pour récupérer celle d’une maison avec jardin dans une petite ville de 2500 âmes. Objectif : meilleure qualité de vie pour plus de bien-être.

Cependant, c’est avec une impatience non dissimulée que je me prépare à ce changement de vie. Une crise sanitaire, deux confinements et quelques bouleversements réjouissants dans ma vie personnelle en cette année 2020 ont eu raison de ma vie ultra-urbaine et ce n’est pas pour me déplaire.

 

Bordeaux, du rêve à la désillusion

 

En quelques années, Bordeaux a beaucoup changé. J’y suis arrivée à la fin de l’été 2014 à la faveur de la mutation de mon ex-conjoint. A cette époque, j’avais aimé y trouver les avantages d’une grande ville dynamique qui conservait cependant les aspects de convivialité de la “province”. Puis la capitale girondine a muté, la ligne grande vitesse la reliant à Paris en 2 heures a ouvert et sa population a grossi. Un phénomène de croissance démographique dont j’ai davantage perçu les inconvénients que les avantages.

Se loger dans plus grand et plus confortable est devenu compliqué pour tout le monde. D’autant plus quand on est seule, qu’on est entrepreneur en croissance d’activité et qu’on ne dispose d’aucune aide ou soutien de famille. Les loyers connaissent l’inflation du fait d’une offre plus réduite. Le coût de la vie et des loisirs a suivi le même chemin. Constater la lente diminution de mon pouvoir d’achat ne m’enchantait guère mais je l’avais pris comme une fatalité. Ma solution immédiate était de travailler davantage pour maintenir ma qualité de vie à flot. Et de renoncer à mon envie de petite maison de ville avec jardin au prix abordable, pour le moment.

Enfin, l’année 2020 à Bordeaux a été marquée par une succession d’actes de violences et d’agressions commis dans l’hyper-centre, dans un secteur que je fréquente tous les jours. Mon naturel positif ne me rendra jamais paranoïaque mais j’ai intégré de devoir être sur mes gardes constamment. Et pour l’esprit, c’est très fatiguant.

 

Un premier confinement et un swipe-up vers la droite

 

En février 2020, le COVID-19 s’est abattu sur la population mondiale. Lorsque le premier confinement a démarré, j’étais célibataire et c’est assez enthousiaste que j’avais abordé cette période. Entre les quatre murs de mon appartement, j’étais sidérée par la situation mais j’ai mis à profit ce temps un peu suspendu pour prendre soin de moi et travailler d’arrache-pied. Je n’avais pas prévu que je ferai LA rencontre qui allait changer ma vie.

Un soir d’avril, naviguant sur Tinder, j’ai matché avec un jeune homme plein de charme. Quelques semaines de discussions plus tard, premier date “en vrai” et coup de foudre réciproque.

Depuis, nous ne nous sommes jamais vraiment quittés. À l’approche de l’été, il m’a fait découvrir sa région d’origine. Le département du Lot et le nord de la région Occitanie. Mais aussi sa famille, ses amis, de véritables interactions sociales et sincères que j’avais du mal à trouver en ville. Et j’ai eu un véritable coup de cœur pour tout cela.

 

L’appel du grand air et d’une meilleure qualité de vie

 

L’été est arrivé. Nous avons emménagé ensemble en juillet. Les discussions des premiers projets à deux ont démarré et à l’issue de chaque semaine de travail fatiguante et stressante, nous descendions à la campagne nous ressourcer.

La pandémie, elle, ne s’est pas éloignée. La perspective d’une crise sanitaire qui dure a engendré questionnement et remise en cause de notre mode de vie de citadins.

La rentrée de septembre a été brutale et épuisante. J’ai énormément travaillé et l’obligation de minimiser les déplacements qui me permettaient de souffler m’a pesé. En télétravail dans mon petit appartement sans autre horizon que la vue à ma fenêtre, l’automne arrivant, j’ai commencé à rêver d’une vie plus douce, ou la vaste nature serait à ma porte, quelle que soit la saison.

Les choses auraient été moins évidentes à trancher si j’avais vécu dans un logement qui m’apportait la tranquillité dont j’avais réellement besoin. Depuis le début de l’année, je dois composer avec les nuisances sonores régulières de mon voisinage, qui n’a jamais cessé ses activités festives entre amis, de jour comme de nuit.

Mais après de longues heures de réflexion sur la pertinence de nous éloigner de la ville, nous avons pris à deux la décision de quitter Bordeaux en 2021.

 

Quitter la ville pour mieux l’apprécier 

 

Vivre vraiment sa vie n’est totalement possible que si j’ai la possibilité de suivre mes envies dès qu’elles se manifestent. Mais cela n’empêche évidemment pas l’anticipation et les recherches pour trouver le bon endroit où s’installer. Même en marge de la métropole bordelaise, je ne souhaitais pas rompre avec certaines de mes habitudes de vie, surtout celles liées à mon activité professionnelle. Je pense que le point essentiel est de trouver un endroit qui permette de conserver ses petites habitudes et son mode de vie.

Nous nous installons dans une petite ville où nous avons à notre disposition et à quelques minutes à pied l’ensemble des services et commerces essentiels et non-essentiels, mais aussi un grand nombre de lieux de loisirs, et notamment un cinéma. Je pourrais continuer de prendre mon petit verre au comptoir à la fin de ma journée de travail ou aller m’acheter des fleurs à 5 minutes de chez moi. En revanche, manger coréen à 22 heures ne sera pas possible, mais est-ce le plus important ?

Le changement notable de cet exode urbain est le retour à l’utilisation régulière de la voiture. Certaines activités nécessitent de parcourir de longues distances, mais j’aime bien rouler.

Quid du travail à la campagne ? Dans mon cas, rien ne changera, puisque je pratique le bureau à la maison depuis des années. Je me suis assurée d’avoir une connexion par fibre optique et je conserverai mes engagements professionnels à Bordeaux pour l’année actuelle et les suivantes. Ma routine de travail impliquera de m’y rendre très régulièrement et l’accès direct par l’autoroute rend les choses bien plus simples. Je sais déjà que mes allers et retours fréquents à Bordeaux me permettront de mieux apprécier la ville, sans avoir l’esprit pollué par ses inconvénients. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, le vrai luxe, c’est exactement ça.

 

Garder à l’esprit que rien n’est jamais définitif 

 

Lorsque j’ai commencé à parler de notre projet autour de moi, j’ai recueilli beaucoup de soutien. Mais j’ai aussi du composer avec quelques personnes qui ont vu beaucoup trop de sacrifices à leur yeux dans mon déménagement. Je ne peux hélas pas empêcher les gens angoissés de nature de projeter leurs peurs sur moi. Mais j’en tire un enseignement à vous transmettre : n’écoutez que vos envies et votre ressenti. L’endroit idéal pour vivre, c’est celui que vous aurez choisi et où vous vous sentez bien à l’instant T.

Pas celui qu’on vous conseille, même si les choses sont faites de manière bienveillante. Et n’oubliez enfin jamais que rien n’est gravé dans le marbre. La vie loin de la grande ville peut-être déroutante et prendre ses marques n’est pas immédiat. Si les choses ne vous conviennent pas, rien ne vous empêchera de revenir vers un quotidien plus urbain.

On se retrouve l’année prochaine et d’ici là, de belles fêtes de fin d’année à vous !

 

Alexandra-Signature

 

Photo It’s Henriette Studio

 

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