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J’ai participé aux Reines du Shopping : mon expérience en coulisses

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Temps de lecture : 20 minutes

A l’heure où vous lisez cet article, vous avez peut-être vu le premier épisode de cette nouvelle semaine inédite des Reines du Shopping qui vient de se terminer. Comme vous, j’ai découvert ma prestation et le montage final qui en a été fait. Je m’attendais sincèrement à pire (vous allez comprendre pourquoi plus bas) et j’ai été agréablement surprise au final. Nous sommes en octobre 2020 et pour moi, tout s’est passé, vous vous en doutez, beaucoup plus tôt. Retour en arrière. Décembre 2019.

La préparation de ma participation aux Reines du Shopping

Un matin, je suis contactée via ma messagerie Instagram par une personne qui travaille pour une émission de télévision. Elle m’indique qu’elle cherche des profils comme le mien afin de participer à une édition spéciale. Au fil des échanges, elle me révèle qu’il s’agit du programme Les Reines du Shopping, diffusé sur M6. Je connais le concept pour avoir été spectatrice à ses débuts.

En effet, l’émission orchestrée par Cristina Cordula est diffusée depuis 2013. Pour rappel, le principe est assez simple : 5 femmes s’affrontent sur un thème imposé autour de la mode. Au long d’une journée, elles doivent réaliser du shopping pour constituer un look qui correspond au thème de la semaine. La silhouette la plus réussie est récompensée et la gagnante remporte la somme de 1000 euros. 

De prime abord, je suis sceptique. J’avais cessé de regarder régulièrement car le manque d’empathie entre les candidates me déplaisait beaucoup et l’esprit global du concept n’était pas vraiment tourné vers l’acceptation de toutes les formes de beauté. La journaliste a entendu mes craintes mais le projet cette fois-ci était différent. Elle me contactait pour participer à une émission spéciale, en l’occurence dédiée à 5 candidates “grande taille“. Dans ces conditions et parce que c’était pour moi une opportunité de faire bouger les lignes quant à la perception des femmes rondes dans les médias, j’ai accepté. 

Par la suite, les choses ont été rapides. La production a constitué un dossier administratif. J’ai signé de nombreuses autorisations et contrat pour ma participation et ma cession de mes droits sur mes images. Puis la date du tournage du portrait et du tournage à Paris ont été arrêtées. Ce serait pour février 2020. Le tournage du portrait chez moi s’est très bien passé. J’ai accueilli une petite équipe constituée d’un cameraman et d’une journaliste. L’ambiance était chaleureuse et détendue, je garde un beau souvenir de cette journée. 

Le tournage est ensuite arrivé, au cours de la dernière semaine de février. En terme de logistique, nous sommes totalement prises en charges, de notre arrivée à Paris jusqu’à notre départ, en passant par les nuitées sur place. Cinq chambres d’hôtel nous sont attribuées pour cette semaine de tournage, ainsi que la semaine suivante pour 48 heures, pour les séquences additionnelles à réaliser. 

C’est quelques jours avant mon arrivée à Paris le dimanche soir que j’ai appris que je tournais ma journée de shopping le … lundi. J’étais la première candidate de la semaine à faire son shopping pour cette spéciale des Reines du Shopping. 

Ma journée de shopping dans Paris pour Les Reines du Shopping

Lundi 17 février, lever 6h45. La production doit me récupérer en van à 7h45 pour m’emmener à la visite médicale obligatoire avant de démarrer le tournage. Sur place, alors que ce n’est pas prévu, je croise mes quatre concurrentes qui viennent à la médecine du travail dans le même but. On prend soin de me tenir loin d’elles mais j’échange quelques regards avec celles qui vont commenter mon shopping tout au long de la journée. 

Je suis passée devant le médecin, qui a validé mon aptitude au tournage de l’émission. Je remonte dans le van et nous prenons la route de la Place Saint-Georges, dans le 9ème arrondissement. L’équipe de tournage composée de trois personnes (caméraman, preneur de son et journaliste) nous rejoint à cet endroit et nous faisons connaissance. L’ambiance est détendue et c’est chouette, car nous allons passer notre journée ensemble.

C’est à cet endroit, près de la sortie du métro, que nous tournons les premières séquences en extérieur. Je répète plusieurs fois mon entrée et ma sortie du van, celles qui précèdent mon arrivée à la première boutique. Je fais aussi des longueurs sur le trottoir pour les séquences de présentation qui précédent la diffusion du portrait. Nous reprenons ensuite la route vers 9h, afin de nous rendre à la première boutique qui m’a été affectée, en proche banlieue de Paris. 

Durant le trajet, je découvre le thème de la semaine en regardant la vidéo enregistrée par Cristina Cordula : ça sera “chic avec une pièce fluide“. La journaliste commence son interview, en m’interrogeant sur mon ressenti par rapport au thème et mes idées, le tout pendant que la caméra tourne. Je découvre aussi le budget, 450 euros. On me rappelle enfin que j’ai 2 heures 30 minutes montre en main pour réaliser ma mission.

Un chronomètre qui n’est exactement celui que l’on croit

A ce stade-là de la journée, je suis plutôt sereine. Je ne pars pas vainqueur car je connais les rouages de l’émission, mais je suis loin de m’imaginer que je vais rencontrer quelques difficultés.  Et que le temps qui m’est réellement octroyé n’est pas vraiment conforme à ce qui est dépeint à l’écran.

Le trajet jusqu’à la première boutique dure environ 30 minutes. Nous arrivons, je descends du van et la caméra me suit à la trace jusqu’au magasin. Nous prenons une vingtaine de minutes pour tourner ma fausse entrée puis je peux enfin m’intéresser à ce qu’il y a à l’intérieur. Un premier coup d’oeil dans la vitrine me laisse perplexe mais après tout, il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Je fais trois pas dans la boutique et mes yeux se posent sur une robe accrochée au fond, en hauteur. Il ne me faut pas deux secondes avant de comprendre que j’ai trouvé ma tenue. La robe est mi-longue, cintrée à la taille mais fluide, son imprimé d’inspiration wax me plait beaucoup et il est rehaussé de détails dorés, pour le côté chic. 

Sauf que je ne peux pas quitter la boutique comme ça, avec ma robe sous le bras. La journaliste me rappelle la règle : même si je trouve ma tenue, je dois tourner cinq essayages “prétextes”, afin de noyer le poisson pour le téléspectateur. Je me suis donc acquittée de ma tâche, en essayant cinq autres looks qui ne me plaisaient pas du tout. Pour certains vêtements, j’ai été confrontée à des soucis de disponibilités dans ma taille. La production m’a demandé de faire au mieux. Peu importe pour eux, le plus important est d’avoir de l’image et de pouvoir tenir le spectateur en haleine devant mes choix hasardeux. 

Régulièrement, je demande le chronomètre. Le temps file vite, car je suis contrainte de donner de précieuses minutes pour le tournage des plans de coupe (ceux où je suis figée devant la caméra et qui ne sont pas tous exploités). Le tournage nécessite aussi de commenter mes propres choix et de répondre aux questions de la journaliste. 

Je remarque que les mêmes questions reviennent, et ce depuis le tournage du portrait. Que peux-tu me dire sur la couleur rouge ? As-tu une anecdote à nous raconter sur les chaussures à talons ? Est-ce que cette pièce est vintage ? La production a capté que je n’étais pas avare de parler des choses qui me plaisent, la mode en l’occurrence, quitte à grossir le trait. Je joue le jeu, en attendant de voir comment tout cela sortira du chapeau au montage final. 

Du temps est également retranché de mon chrono chaque fois que nous passons d’une boutique à une autre. Au moment de passer à la caisse, on me propose deux enveloppes. Dans d’autres circonstances, j’aurais été joueuse mais j’ai un pressentiment. Je préfère ne pas les prendre et grand bien me fasse : après vérification, j’aurais pu perdre du temps (15 minutes en l’occurrence).

Il est alors l’heure du déjeuner. Nous avons passé la matinée à tourner les séquences de l’achat de ma tenue. Nous nous arrêtons dans une brasserie à quelques pas, puis nous enchainons. Je dois encore passer acheter mes chaussures et mes accessoires. Nous arrivons à la deuxième boutique, un point de vente de la marque Pied de Biche. Je connais bien l’enseigne car j’ai collaboré à de nombreuses reprises avec eux. Mes essayages se passent bien, je suis à l’aise. J’ai hésité sur les escarpins mais j’ai fait le choix du confort. J’ai frôlé la chute lors de mes essayages avec des talons aiguilles et je suis donc repartie avec les escarpins verts à petits talons. 

Il me reste alors moins de 30 minutes pour rejoindre ma dernière boutique. Du temps est retranché de mon chronomètre pour le déplacement. Nous arrivons dans le quartier du Marais, il fait déjà nuit, il est presque 20h et je n’ai pas fini de tourner mon shopping. Si cette journée était à refaire, c’est ce moment-là que je corrigerais. Abattue par la fatigue, le stress et la déconcentration, je suis restée dans la boutique d’accessoires alors qu’il ne m’aurait rien couté de tenter un autre lieu.

Car sur place, même si mon budget restant était conséquent (environ 240€), il m’a fallu faire un choix entre sac ou bijoux, car tout était trop cher. J’ai finalement opté pour le sac le moins cher par défaut et j’ai décidé de me passer de bijoux. Je n’ai appris qu’après coup qu’une pièce à shopper se trouvait sur place. Dommage pour moi.

Mon défilé devant les candidates des Reines du Shopping

Le chrono s’est terminé quelques minutes plus tard. J’ai salué tout le monde dans la dernière boutique et nous sommes remontés dans le van. Il est alors 20h30 environ. Je peux souffler un peu mais ma journée n’est pas encore terminée. Il me reste à passer entre les mains de la make-up artist qui va faire ma mise en beauté et défiler devant mes concurrentes pour leur présenter mon look.

Lorsque j’arrive sur les plateaux de tournage de la Plaine Saint-Denis, une loge m’a été aménagée, afin que je ne croise pas les autres candidates. Dans la journée, on m’a demandé ce que je souhaitais manger pour le diner et mon repas m’attend sagement sur une table. Mais je n’ai pas énormément de temps pour savourer les choses car je dois retourner en plateau pour le tournage du maquillage. Finalement, je ne dinerai qu’à mon retour à l’hôtel.

La maquilleuse s’appelle Adélie et elle est adorable. On papote et cette conversation détendue me permet de faire retomber mon stress. Le temps de maquillage est chronometré, nous ne devons pas mettre plus de 30 minutes à le réaliser. Comme je n’ai pas de bijoux, je lui demande de faire quelque chose de soutenu sur la bouche, comme à mon habitude. Quelques heures auparavant, l’équipe m’avait demandé de réfléchir à une musique sur laquelle je serais à l’aise pour arpenter le catwalk. J’ai choisi Don’t You (Forget about me) des Simple Minds. J’ai constaté à la diffusion que le titre avait été remplacé, sans doute pour des soucis de droits musicaux. 

Je fais le point avec une membre de l’équipe sur l’attitude que je dois avoir pour le tournage des séquences du défilé et enfin, le dénouement arrive. Je défile sur la musique lancée à fond, je suis crispée mais mon stress redescend. Je sais que quatre paires d’yeux sont rivées sur moi et que suite à mon passage, les candidates doivent m’attribuer une note. De toute manière, tout est déjà joué et je n’ai plus la main sur la suite des événements. Une fois terminé, je regagne ma loge. Il est minuit passé, je suis épuisée physiquement et nerveusement. A l’hôtel où je suis reconduite en van, je mange mon repas froid devant une rediffusion des Experts Manhattan avant de sombrer dans le sommeil. 

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Adélie, l’adorable maquilleuse

Après mon shopping, la semaine de compétition avec les autres candidates 

Ce n’est que le lendemain matin, mardi, que je fais vraiment la connaissance des autres candidates, puisque nous nous retrouvons ensemble au petit-déjeuner. Douche froide pour moi en buvant mon café : elles me rapportent qu’elles n’ont pas été tendres avec moi tout au long de ma journée de shopping et qu’il ne faudra pas y voir “une attaque personnelle”. Moi qui suit venue avec toute ma bienveillance, j’entame la suite de la semaine avec moins d’angélisme.

Mais quoi qu’il arrive, je décide de rester fidèle à mes valeurs et à ce qui m’a poussée à venir jusqu’ici. Je souhaite vivre l’expérience du jeu télévisuel de l’intérieur, assouvir ma curiosité, me prêter au jeu de la compétition mais peu importe que je gagne ou non à la fin. Je ne joue pas ma vie à passer aux Reines du Shopping. A compter du mardi, puisque j’ai déjà tourné ma partie, mes journées ne démarrent qu’à midi. Le van vient nous chercher pour nous emmener en plateau et nous passons la fin de journée jusque tard à commenter le shopping de la candidate du jour. 

Nos entretiens avec les journalistes ne se font pas en direct. On nous présente les essayages sous forme de photos prises à l’iPhone, avec des lumières et des couleurs très aléatoires selon les circonstances. Evidemment, la différence entre l’image de la tenue essayée et la réalité est parfois énorme, mais la production surfe là-dessus pour nous pousser à être très critiques. La production aime lorsque les candidates sont piquantes entre elles et n’hésitent pas à nous pousser dans nos retranchements pour nous faire dire des choses qui peuvent être désagréables. 

J’ai pour ma part pris le parti de rester moi-même. Je ne suis pas langue de vipère dans la vie et il n’était pas question de l’être dans l’émission. Je fais la nuance entre “je n’aime pas quelque chose” qui vise à exprimer un avis personnel sur un objet et “c’est moche”, qui vise à attaquer la personne. Mais je pense que je n’ai pas pu éviter tous les pièges tendus dans la prise de parole (et au montage).

Côté logistique, nous sommes choyées comme des enfants. Une “nounou” s’occupe de nous et surveille le moindre de nos déplacements (même sur le temps privé, en matinée). Elle comble chacun de nos besoins, qu’il s’agisse de nous commander à diner ou de nous prévoir un taxi pour aller à la gare. 

Le reste de la semaine s’est déroulé malgré tout dans la bonne humeur, avec ce petit côté schizophrène ambiant. En coulisses, on est plutôt bonnes camarades (enfin je crois), mais lorsque le jeu reprend, on nous pousse à se tirer dessus à balles réelles. L’expérience, à cet égard, a été assez éprouvante pour moi. Je n’ai pas l’habitude de camoufler mes émotions et jouer avec celles des autres et lorsque le vendredi est arrivé, je suis rentrée à la maison avec un sentiment de soulagement. 

Ma rencontre avec Cristina Cordula

Le concept de l’émission a légèrement évolué. Désormais, chaque journée de shopping diffusée à 17h30 se conclut par un entretien en tête-à-tête avec Cristina Cordula. La présentatrice brésilienne fait un débriefing de mes essayages de la journée. Elle est gentille, avenante, pas dans le jugement et totalement bienveillante. C’est pour moi une excellente surprise, je m’attendais au regard de la thématique à davantage d’hostilité.

Evidemment, un seul de mes essayages présentés n’est un choix volontaire et au terme de mon défilé, elle considère que je suis dans le thème. Je pensais être davantage pénalisée que ça sur mon absence de bijoux. Je considère que j’ai fait le job qui m’était demandé, avec les moyens mis à ma disposition (pas le choix des boutiques), dans un temps limité et en restant moi-même dans mon style. 

La surprise moins agréable est, au terme de la diffusion, de constater que mes consœurs n’ont pas pris de gants autant pour commenter mes choix vestimentaires que mes traits de personnalités. Je ne suis pas naïve et j’ai conscience des enjeux du concept télévisuel, mais je m’attendais à davantage de sororité dans le cadre de cette spéciale “belle avec des formes”. Loupé, mais ce n’est vraiment pas grave. 

Demain, je serai de nouveau devant mon écran pour suivre les aventures des autres candidates, et jusqu’à vendredi pour l’annonce de la gagnante. Quelle que soit l’issue de ma participation, j’ai été ravie de participer aux Reines du Shopping. Je me suis fait mon propre avis et ma propre expérience. Je suis définitivement une fille d’internet 🙂

Une belle soirée et à très vite !

Alexandra-Signature

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